[ X ] Communiqués

Ministère des affaires étrangères G.D.Luxembour
ISRAEL-UE: l'ambassadeur d'Israël convoqué par le ministère des affaires étrangères du Luxembourg

CEPEX/FENATEX/CETTEX
Tunis : 11ème TEXMED, salon international de l'Equipement textile et de l'Habillement

Entretiens de la Méditerrannée
Hammamet : 2ème édition des Entretiens de la Méditerranée 25 et 26 mai 2010

UpM
Marseille : For'UM "Investissez en Méditerranée" 27 mai 2010

Orsaf
Paris : 3ème salon de l'Immobilier tunisien à Paris (Sitap 2010) 4 au 6 juin 2010

IMTM
Colloque international sur "Les règles de Rotterdam" les 20 et 21 mai 2010 à Marseille

Commission européenne
Le 18ème Briefing sur le Développement de Bruxelles sur l’aide humanitaire et le développment rural dans les pays ACP

Association Cotonnière Africaine (ACA)
Séminaire sur la qualité du coton, Cotonou (Bénin) 14-16 janvier 2010

ICCO
Réunion du Groupe de Travail pour un futur Accord international sur le cacao - Londres 11-15 Janvier 2010

Common Fund for Commodities
Séminaire du Fonds commun pour les matières premières le 14 décembre 2009 à La Haye (Pays-Bas)

Voir d'autres communiqués

[ X ] Agenda

Aucun évènement n'est actuellement en cours

Autres évènements de l'agenda

[ X ] Sondage

L'Union pour la Méditerranée lancée le 13 juillet dernier à Paris

remplace le processus de Barcelone ?
complète le processus de Barcelone ?
un succès ?
un échec ?
parité devenue effective ?
Le groupe arabe est efficace ?
separator
Accueil Les Nouvelles Courrier de Bruxelles L'invité CommuniquésAgenda

Agence d'information et de documentation sur les relations entre l'Afrique, la Méditerranée et l'UE. Ni Etatique ni cotée en bourse. Professionnelle.

Accès au site

L'Invité

caddy

L'EAU, ENJEU CRUCIAL POUR LA MEDITERRANEE

Bruxelles (16/06/2010)

On évoque souvent, pour illustrer la gravité du problème de l'eau, la possibilité qu'il y ait un jour – Bientôt ? Déjà ? – des guerres pour la possession de ressources, pour garantir l'accès à cet élément vital, essentiel pour la vie humaine, pour sa survie sur terre, pour son alimentation en appui à l'agriculture, pour ses loisirs, son transport. Les usages sont aussi nombreux que le sont les types d'activités humaines.

L'eau est aussi une des matières les plus gaspillées et souvent les plus mal gérées des ressources naturelles.
 



La Méditerranée est considérée comme une des régions les plus caractéristiques de ce problème majeur. "Zone aride la plus peuplée du monde, les pays de la Méditerranée et du Moyen-Orient font face à des défis majeurs en matière de gestion de leurs ressources naturelles", écrit SEMIDE en préalable d'une "Etude de faisabilité sur le développement d’un mécanisme d’observation régional sur l’eau en Méditerranée", Co-financée par la Commission Européenne et rendue publique en juin 2008.
 

L'eau constitue un "enjeu crucial dans (cette) région marquée par de forts déséquilibres régionaux, une instabilité politique persistante, et des disparités sociales importantes. "L'eau douce est très irrégulièrement répartie entre les pays du bassin méditerranéen et sujette à de très fortes irrégularités saisonnières et de grandes fluctuations interannuelles. L'irrégularité du régime des eaux superficielles nécessite des efforts de maîtrise par des aménagements régulateurs déjà réalisés pour la plupart. La surexploitation des ressources souterraines conduit à leur épuisement.

Selon l'étude, "certains bassins de la région Méditerranéenne qui souffrent déjà de pénuries d’eau, pourraient voir baisser de 10% leurs ressources en eau d’ici 2030, et des changements encore plus importants sont prévus à plus long terme".

Il s'y ajoute le problème de l’assainissement. "47 millions de personnes n’ont pas de système d’assainissement adéquat, tandis que seulement 69 % des 601 villes côtières méditerranéennes de plus de 10 000 habitants exploitent une station d’épuration des eaux usées. Il en résulte une pollution entraînant une nette dégradation de la qualité des ressources".

Le phénomène le plus inquiétant est celui de la sécheresse, un "problème majeur", selon SEMIDE. "Selon les premières informations fournies par les pays membres de l’UE, l’impact économique de ces événements a été estimé en Europe à 100 milliards d’Euros sur les 30 dernières années, avec un doublement du coût sur les 15 dernières années et une moyenne de 6.2 milliard d’Euros/an au cours des dernières années".

L'essentiel à ce stade serait d'accroître la connaissance du phénomène et de coordonner les actions et c'est à cette mission que SEMIDE s'est voué. Eric MINO, son coordinateur présente aux lecteurs de MedAfrique sa mission et ses actions passées et, également dresse un état des lieux.  Ses réponses.

SeMide ?

Le Système Euro-Méditerranéen d'Information sur les savoir-faire dans le Domaine de l'Eau –SEMIDE- est formé des directions de l’eau des pays membres du Partenariat Euro-Méditerranéen.

Sa mission est de favoriser la coopération par l’échange d’expériences entre les institutions gérant la ressource en eau dans la région.

Son action a essentiellement porté sur l’amélioration de l’accès à l’information sur l’eau dans chaque pays par la mise en œuvre de portail web nationaux gérés par des points focaux nationaux.

Au niveau régional le SEMIDE gère un portail web fédérateur trilingue (arabe, anglais et français) qui aujourd’hui fait référence dans le secteur de l’eau en Méditerranée.

Le nouvel enjeu pour le SEMIDE est l’amélioration de la gestion des données sur l’eau au sein de chaque pays en s’appuyant sur des standards internationaux et des méthodes communes pour garantir la comparabilité et la fiabilité des données et indicateurs. Outre l’amélioration des connaissances locales, ces systèmes nationaux harmonisés pourront alors alimenter un mécanisme régional d’observation sur l’eau pour le suivi de la mise en œuvre de la future Stratégie Méditerranéenne sur l’Eau

L'état des lieux?

Le climat méditerranéen se caractérise par de longs mois de sécheresse et de très courtes périodes de pluie, souvent intenses, pouvant provoquer des inondations dévastatrices, dont l'essentiel du débit ne peut être stocké.Les effets du réchauffement climatique ne feront que renforcer ces tendances.

De plus, l'eau douce est très irrégulièrement répartie sur le territoire et sujette à de grandes fluctuations interannuelles. En Algérie, par exemple, 75 % des ressources renouvelables sont concentrées sur 6 % du territoire. Rapportées aux populations du bassin de la Méditerranée, les ressources en eau par tête sont révélatrices des niveaux de richesse ou de pauvreté en eau des pays. Elles vont d'une extrême pauvreté (moins de 100 m3/an à Gaza et à Malte) à la surabondance (plus de 10 000 m3/an en Albanie et l'ex-Yougoslavie).

Les études prospectives montrent que, dès 2010, les pénuries conjoncturelles pourraient être plus fréquentes et plus régionales du fait d’une demande trop importante par rapport aux précipitations.

D'ores et déjà, des conflits d’usage entre l'irrigation (environ 70 % de la consommation), le tourisme, les grandes villes et l’industrie (la consommation urbaine et industrielle pourrait encore augmenter d’un quart en volume d’ici à 2025) se posent dans de nombreuses situations.

Quels sont les secteurs où une réorientation des pratiques vous semble la plus urgente ?

Aujourd’hui, le secteur agricole est le principal consommateur d’eau dans la région, c’est aussi celui pour lequel les gains, en terme d’efficience de l’usage de l’eau, peuvent être les plus significatifs.

En effet: en irrigation traditionnelle, les pertes par évaporation et infiltration s’élèvent à 70%. Mais il faudra aussi repenser les politiques agricoles en terme de type de cultures et en considérant le coût réel de l’irrigation. Avec 250 millions de touristes par an, la région méditerranéenne est la première destination touristique mondiale, les besoins sont importants (de l’ordre de 500 à 800 litres/jour/tête pour les séjours en hôtel de luxe), mais l’expérience montre qu’une politique tarifaire adaptée incite les gestionnaires de complexes touristiques à être économes : sensibilisation des touristes, réutilisation des eaux usées traitées pour l’irrigation des espaces verts.

Mais d’autres pressions doivent aussi être considérées de manière urgente. La forte urbanisation, notamment des bandes côtières, conduit à une forte demande en eau potable et au besoin d’améliorer les réseaux d'eau potable dont le taux des fuites est estimé à 50%. Enfin, il y a urgence à traiter les eaux usées pour limiter la pollution des eaux de surfaces et souterraines.

Les efforts entrepris pour gérer les ressources vous semblent-t-ils en bonne voie ?

La gestion des ressources en eau est avant tout une responsabilité du secteur public. Les entreprises peuvent réduire leur impact sur la ressource en limitant leurs prélèvements et leurs rejets polluants.

Mais cela suppose un cadre réglementaire, des mesures tarifaires ou des subventions qui vont les inciter à prendre les mesures nécessaires.

Il faut aussi noter le rôle que peuvent jouer les fédérations d’industriels pour promouvoir l’adoption des meilleures techniques disponibles propres à chaque secteur afin de limiter leur impact : chimie, exploitation minière, tannerie, …

Qui, selon vous, a la responsabilité première pour bien gérer l'eau et garantir sa qualité ?

L’eau est un bien public et sa bonne gestion est la responsabilité de tous. Il est aujourd’hui admis que la Gestion Intégrée des Ressources en Eau au niveau des bassins versants est le mode de gestion le plus adapté. Cela implique la mise en œuvre d’approches participatives avec par exemple des comités de bassin dans lesquels sont représentées toutes les parties prenantes : entreprises, usagers, collectivités locales, agriculteurs, opérateurs de services d’eau et d’assainissement, services de l’état.

La responsabilité de mise en ouvre d’une telle organisation revient bien entendu au Ministère en charge de la ressource en eau et des agences de bassin lorsqu’elles existent.

Y a-t-il une ligne de partage entre public et privé. Quels peuvent être les rôles de chacun et les limites de chacun de ces rôles ?

La gestion de la ressource est avant tout du domaine public. Traditionnellement, le secteur privé intervient en sous-traitance, par exemple sur certaines analyses de la qualité. Des partenariats public-privé apparaissent généralement pour la potabilisation et distribution d’eau, les réseaux d’assainissement, les usines de traitement d’eau qu’il s’agisse de dessalement ou de traitement d’eau usée en vue d’une réutilisation.

Ces partenariats sont souvent associés à des contrats clé en main : construction, livraison et exploitation, dans lesquels le secteur privé apporte à la fois son savoir-faire et des capitaux.

La question des financements ?

Le financement est une question clé pour le secteur de l’eau, car les besoins sont très importants pour protéger la ressource, l’exploiter au mieux, développer des ressources alternatives et améliorer l’efficience de l’usage de l’eau. D’ailleurs l’optimisation du financement est une des priorités du projet de Stratégie Méditerranéenne sur l’Eau, initiée dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.

Le principal enjeu est d’établir la transparence des coûts liés au secteur de l’eau et des modes de recouvrement associés pour garantir la pérennité des services. Les sources de financement sont de trois ordres : le budget de l’état, la tarification et le redevances (pollution, prélèvements directs) et les aides extérieures.

Qu'apporte l'UpM (union pour la Méditerranée) à votre stratégie, vos projets ?

L’UpM a sans aucun doute donné un nouvel essor politique au Partenariat Euro-Méditerranéen, avec une mobilisation de tous les acteurs même si le conflit au Proche-Orient interfère souvent et limite les retombées positives du Processus comme ce fut le cas à Barcelone en avril dernier où malgré un accord sur le contenu technique du projet de Stratégie Méditerranéenne sur l’Eau, le texte n’a pas pu être adopté.

L’initiative de l’Union pour la Méditerranée a aussi modifié l’espace géographique du SEMIDE avec l’ouverture aux Balkans, à Monaco et à la Mauritanie.

D’ailleurs Monaco et la Mauritanie ont déjà nommé leur Point Focal National pour le SEMIDE. Pour nous l’adoption de la Stratégie Méditerranéenne sur l’Eau est très importante car elle permet de donner un cadre commun de référence pour un mécanisme régional de suivi et d’évaluation du secteur de l’eau.

Propos recueillis par: Fathi B'Chir

Lien permanent vers cet article
Article visualisé 1455 fois
© 2008 - Medafrique  - WebDesign MedAfrique  - Qui nous sommes  -